On parle souvent de l’agitation des enfants, mais on parle peu du daron qui, à 14h30, fixe son tableau Excel comme si c’était une langue ancienne oubliée.
Pendant des années, j’ai cru que j’étais juste « bordélique » ou « procrastinateur ». La vérité, c’est que mon cerveau ne trie pas. Pour moi, le bruit de la machine à café, la notification Slack et le dossier urgent à rendre ont exactement la même priorité. C’est épuisant.
La science derrière le « Brouillard »
Ce que la neurologie nous explique, c’est que le TDAH chez l’adulte ne ressemble pas forcément à un enfant qui grimpe aux rideaux. C’est une hyperactivité interne.
Au travail, cela se traduit par une dysfonction exécutive. Pour schématiser, notre « secrétaire interne » (celle qui trie les dossiers dans le cortex préfrontal) est partie en pause café permanente sans laisser de notes. Résultat : on s’éparpille.
Mes stratégies de survie (testées et approuvées)
Si vous êtes comme moi, les listes de tâches classiques sont vos pires ennemies : on les perd, ou elles deviennent si longues qu’elles nous paralysent. Voici ce qui sauve mes journées :
- Le « Body Doubling » virtuel : C’est tout bête, mais travailler en visio ou en présence de quelqu’un d’autre (sans forcément se parler) m’oblige à rester sur ma tâche. C’est comme si le regard de l’autre servait de tuteur à ma concentration.
- La technique des « Micro-Défis » : Je ne me dis jamais « je vais bosser deux heures ». Je me dis « je lance le chrono pour 15 minutes, et après j’ai le droit de regarder une vidéo de menuiserie sur YouTube ». Souvent, l’élan suffit à me lancer.
- Le casque à réduction de bruit : Mon meilleur investissement. Ce n’est pas du luxe, c’est une prothèse sensorielle.
La culpabilité du daron
Le plus dur, ce n’est pas le boulot en soi. C’est de rentrer le soir après avoir lutté toute la journée contre son propre cerveau, et de ne plus avoir de « jus » pour les enfants.
On culpabilise de ne pas être assez présent, d’avoir oublié (encore) le jour de la piscine. Mais j’apprends une chose : être un père TDAH, c’est aussi être celui qui comprend mieux que personne pourquoi son gosse vient de renverser son verre pour la troisième fois. On est dans la même équipe.
Le mémo du jour : On ne soigne pas le TDAH, on l’apprivoise. Et parfois, l’apprivoiser, c’est juste accepter que notre bureau ressemble à un champ de bataille mais que nos idées, elles, sont brillantes.
